La création d’une SASU représente une étape stratégique pour de nombreux entrepreneurs aspirant à structurer leur activité tout en maîtrisant leur fiscalité. La gestion de la TVA s’inscrit parmi les défis majeurs à relever, car elle influe directement sur la trésorerie et la rentabilité. Entre régimes fiscaux complexes, choix entre IS et IR, et optimisation des charges sociales, chaque décision impacte lourdement la santé financière de l’entreprise. Décoder ces mécanismes permet d’assurer une comptabilité rigoureuse, d’éviter les erreurs coûteuses et d’optimiser durablement la fiscalité selon le profil et les objectifs de l’entrepreneur.
Les bases incontournables de la fiscalité SASU et la gestion de la TVA
Choisir la SASU, c’est opter pour une forme juridique flexible, très appréciée des entrepreneurs désirant limiter leur responsabilité tout en bénéficiant d’un régime fiscal protecteur. Par défaut, la SASU relève de l’impôt sur les sociétés (IS), avec un barème en 2025 composé d’un taux réduit à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfices et un taux standard de 25 % au-delà. Ce mode de taxation permet d’isoler la société de la fiscalité personnelle, facilitant la rétention et la réinjection des bénéfices dans l’entreprise.
En parallèle, la TVA s’impose comme un enjeu majeur car elle intervient à chaque transaction commerciale. En fonction du chiffre d’affaires et de la nature de l’activité, la SASU pourra relever de différents régimes fiscaux de TVA. Cette taxe indirecte, payée par le consommateur final mais collectée par l’entreprise, exige rigueur dans sa déclaration et sa comptabilité pour éviter pénalités et pertes financières.
Comprendre le régime fiscal par défaut : l’Impôt sur les Sociétés
Le régime d’imposition par l’IS implique que le bénéfice net dégagé par la SASU sera taxé avant toute distribution aux actionnaires. Par exemple, une SASU générant 80 000 € de chiffre d’affaires avec 20 000 € de charges déductibles réalise un bénéfice imposable de 60 000 €. Le calcul se fait en appliquant 15 % sur 42 500 € puis 25 % sur les 17 500 € restants, soit un impôt total de 10 625 €.
Cette organisation sépare clairement la fiscalité de l’entreprise de celle de l’entrepreneur, donnant la possibilité de maîtriser la date et les modalités de prélèvement des revenus via des dividendes ou des salaires. En optimisant ce montage, certains entrepreneurs réussissent à minimiser leur charge fiscale globale.
Option pour l’impôt sur le revenu et ses enjeux
En phase de lancement, la SASU peut opter pour l’impôt sur le revenu (IR) pendant une durée maximale de cinq ans. Cette solution s’adresse particulièrement aux entrepreneurs dont le taux marginal d’imposition personnel reste faible. Sous ce régime, les bénéfices sont imposés directement au nom de l’associé unique, ce qui peut alléger la fiscalité si les revenus restent modérés.
Attention toutefois, cette option devient rapidement moins avantageuse au-delà de 82 342 € de bénéfices, où l’imposition atteint jusqu’à 41 %, une charge comparable aux cotisations sociales en cas de rémunération. Le choix entre IS et IR nécessite donc une analyse fine de la situation personnelle et du projet d’entreprise.
| Régime fiscal | Taux d’imposition | Caractéristiques | Avantages |
|---|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés (IS) | 15% jusqu’à 42 500 € 25% au-delà | Imposition des bénéfices au niveau de la société | Optimisation de la répartition revenus/dividendes |
| Impôt sur le revenu (IR) (option temporaire) | Taux progressifs jusqu’à 41 % | Imposition des bénéfices à l’associé unique | Avantage en phase de démarrage pour faibles revenus |
Les régimes de TVA applicables à la SASU selon le chiffre d’affaires
La TVA s’applique de manière différente selon les seuils de chiffre d’affaires et la nature de l’activité exercée par la SASU. Savoir identifier le bon régime facilite la déclaration fiscale, réduit les risques d’erreurs et limite les charges inutiles sur la trésorerie.
Franchise en base de TVA : une simplicité pour les petites SASU
Si le chiffre d’affaires annuel de la SASU ne dépasse pas 36 800 € pour les prestations de services ou 91 900 € pour les activités commerciales, elle bénéficie automatiquement du régime de franchise en base de TVA. Sous ce régime, la société ne facture pas la TVA à ses clients et est exemptée de déclarer ou reverser cette taxe. Toutefois, elle ne peut pas récupérer la TVA payée sur ses achats.
Cette configuration représente une réelle opportunité pour ceux qui souhaitent limiter la complexité administrative et l’impact de la TVA sur leur trésorerie, en contrepartie d’une impossibilité à déduire la TVA sur leurs coûts.
Régime réel simplifié : un compromis pour entreprises en croissance
Ce régime s’applique aux sociétés avec un chiffre d’affaires annuel inférieur à 254 000 € pour les prestations de services et 840 000 € pour les activités commerciales. La TVA s’acquitte avec des déclarations annuelles normalisées accompagnées d’acomptes trimestriels. Le suivi devient plus rigoureux, rendant obligatoire une tenue de comptabilité attentive.
Le régime réel simplifié offre un équilibre en permettant de récupérer la TVA sur les achats professionnels tout en évitant la lourdeur administrative du régime normal. Il nécessite cependant une vigilance renforcée pour anticiper les paiements d’acomptes et éviter les décalages de trésorerie.
Régime réel normal pour les SASU à chiffre d’affaires élevé
Les SASU dont le chiffre d’affaires dépasse ces seuils sont tenues d’appliquer le régime réel normal. Les déclarations de TVA s’effectuent mensuellement ou trimestriellement. Ce cadre nécessite une gestion comptable précise et fréquente mais garantit une maîtrise complète des flux de TVA collectée et déductible.
| Régime de TVA | Seuils de chiffre d’affaires | Fréquence de déclaration | Avantages et inconvénients |
|---|---|---|---|
| Franchise en base | < 36 800 € (services) < 91 900 € (commerce) | Non soumis à déclaration | Simplicité, pas de TVA à reverser Pas de récupération de la TVA sur achats |
| Régime réel simplifié | < 254 000 € (services) < 840 000 € (commerce) | Déclaration annuelle + acomptes trimestriels | Récupération TVA possible Gestion comptable modérée |
| Régime réel normal | > seuils du réel simplifié | Mensuelle ou trimestrielle | Contrôle précis de la TVA Gestion lourde et fréquente |
Les entrepreneurs doivent donc porter une attention particulière à leur chiffre d’affaires pour choisir à temps le régime adapté, en gardant à l’esprit qu’un mauvais choix peut affecter significativement la trésorerie de la SASU.
Stratégies efficaces d’optimisation fiscale autour de la TVA en SASU
Maîtriser la fiscalité et la TVA de la SASU, c’est avant tout envisager des stratégies d’optimisation fiscale pour préserver la trésorerie et réduire la pression fiscale globale. Les choix effectués influent directement sur la déclaration fiscale, la récupération de la TVA, mais aussi sur les charges sociales et la rémunération du dirigeant.
Maximiser la récupération de la TVA
Pour une SASU avec un chiffre d’affaires soumis à TVA, il convient de gérer soigneusement la TVA déductible sur les achats. Tous les frais engagés dans le cadre de l’activité professionnelle peuvent potentiellement être déductibles, notamment :
- Achat de matériel et équipements
- Prestations de services externes (comptabilité, communication…)
- Locations de bureaux et matériels
- Frais de déplacement liés à l’activité
L’optimisation passe par un suivi rigoureux des factures, un archivage chronologique et une analyse régulière des dépenses susceptibles de donner lieu à une déduction.
Déclaration fiscale précise et régulière
Éviter les pénalités repose sur une comptabilité précise et une déclaration fiscale respectée dans les délais. L’utilisation d’outils comptables automatisés facilite le calcul et assure une bonne gestion de la trésorerie. De plus, planifier les échéances de paiement évite les ruptures financières et permet une anticipation des besoins de trésorerie.
| Aspects d’optimisation | Actions recommandées | Impact sur la SASU |
|---|---|---|
| Gestion des achats déductibles | Archivage des factures, analyse régulière | Maximise TVA récupérable |
| Respect des échéances fiscales | Utilisation d’outils comptables, rappel calendrier | Évite pénalités et intérêts |
| Planification fiscale | Simulation des flux de trésorerie | Améliore gestion de la trésorerie |
Les entrepreneurs sont également encouragés à faire appel à un expert-comptable pour effectuer des audits réguliers, garantir la conformité légale et détecter toute anomalie imprévue dans les opérations fiscales.
La rémunération du président de SASU et son impact fiscal et social
Le président d’une SASU bénéficie du statut d’assimilé-salarié, contrairement aux entrepreneurs individuels ou aux gérants de sociétés comme l’EURL. Cette particularité influence directement la nature des charges sociales et le régime fiscal de la rémunération.
Coût et couverture sociale : décryptage
Les charges sociales pour un président de SASU représentent environ 82 % du salaire net perçu. Autrement dit, verser un salaire net de 2 000 € revient à dépenser près de 3 640 € en charges sociales pour la société. Cette lourdeur est toutefois compensée par une couverture sociale complète, incluant retraite, maladie et chômage.
En revanche, ne pas se verser de salaire diminue la charge sociale, mais prive le président des droits sociaux essentiels. Ce choix impacte également la capacité d’emprunt et les prestations de sécurité sociale.
Dividendes vs salaire : trouver le juste équilibre
Les dividendes font partie intégrante de la stratégie d’optimisation fiscale. En SASU, ils sont soumis à une flat tax globale de 30 % comprenant 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux souvent plus bas que celui des charges sociales rend le versement de dividendes attractif.
Pourtant, contrairement au salaire, les dividendes ne génèrent pas de droits sociaux. Une gestion combinée entre salaire et dividendes permet souvent d’équilibrer protection sociale et fiscalité. Pour un entrepreneur ayant un bénéfice net de 80 000 €, verser un salaire raisonnable et compléter par des dividendes s’avère une méthode stratégique.
| Type de rémunération | Fiscalité | Charges sociales | Avantages |
|---|---|---|---|
| Salaire | Imposition sur le revenu | 82% de charges sociales environ | Couverture sociale complète |
| Dividendes | Flat tax à 30% | Pas de charges sociales | Fiscalité souvent plus légère |
Ce subtil dosage entre rémunération et distribution des bénéfices nécessite un suivi rigoureux et des conseils adaptés pour exploiter au mieux les leviers fiscaux de la SASU.
Recourir à un expert-comptable pour la gestion fiscale et comptable en SASU
Dans un environnement fiscal et social en perpétuelle évolution, la collaboration avec un expert-comptable spécialisé en SASU représente un avantage incontournable. Ce professionnel guide l’entrepreneur dans la sélection du régime fiscal, l’optimisation fiscale et la bonne tenue de la comptabilité, notamment pour la TVA.
Il conseille sur :
- Le choix entre l’IS et l’IR selon le profil et les perspectives
- Le régime de TVA le plus adapté en fonction du chiffre d’affaires
- L’optimisation des cotisations sociales via la structuration de la rémunération
- Les déclarations fiscales périodiques et leur suivi
- La gestion des frais professionnels et déductibilités
Externaliser ces missions permet d’éviter des erreurs coûteuses et d’anticiper les évolutions réglementaires. La fiabilité et la rigueur agrémentées d’un accompagnement personnalisé garantissent une gestion optimisée de la SASU.
| Avantages du recours à un expert-comptable | Bénéfices pour l’entrepreneur et la SASU |
|---|---|
| Maîtrise du cadre fiscal et comptable | Réduction des risques d’erreurs et bonnes pratiques |
| Optimisation fiscale personnalisée | Meilleure gestion de la trésorerie et des charges sociales |
| Accompagnement et conseils stratégiques | Gain de temps et anticipation des évolutions |
FAQ sur les enjeux fiscaux de la SASU et la gestion de la TVA
- Quels sont les critères pour bénéficier de la franchise en base de TVA en SASU ?
La SASU doit réaliser un chiffre d’affaires annuel inférieur à 36 800 € pour les prestations de services et 91 900 € pour les activités commerciales pour en bénéficier. - Comment choisir entre l’imposition à l’IS et à l’IR pour une SASU ?
Le choix dépend du profil fiscal personnel de l’entrepreneur, du montant des bénéfices et de la stratégie de rémunération envisagée. Une analyse détaillée est requise. - Quelle est la différence principale entre salaire et dividendes en SASU ?
Le salaire engendre des charges sociales importantes mais ouvre des droits sociaux. Les dividendes bénéficient d’une flat tax mais n’offrent aucune protection sociale. - Quelles dépenses permettent de récupérer la TVA en SASU ?
Les achats nécessaires à l’activité professionnelle comme le matériel, services, loyers, et déplacements sont généralement éligibles à la récupération de TVA. - Pourquoi faire appel à un expert-comptable pour gérer la fiscalité en SASU ?
Pour sécuriser la conformité fiscale, optimiser la charge sociale et anticiper les changements réglementaires grâce à un accompagnement personnalisé.

